La vie apprend à tourner des pages... Parfois même à les déchirer...

La vie apprend à tourner des pages... Parfois même à les déchirer...


Clanca et ses copines sont des pétasses. D'une étrange espèce. De celle qui me fait rigoler.
Elles croient incarner un monde, un monde qui n'existe que dans leurs rêves. Un monde d'abondance dans lequel le champagne est sur toutes les lèvres.
Elles vivent à des lieux du microcosme Neuilly-Paris XVI mais tentent vainement de s'approprier codes et coutumes de la jeunesse dorée, se la jouent cyniques et blasées; elles s'octroient quelques fringues griffées-soldées 2 fois par an, assouvissant ainsi leurs besoins factices grâce aux 50¤ de découvert autorisé par leur Visa Electron.
Elles sont confrontées chaque matin à un cruel dilemme: comment choisir entre le jean Diesel stone-washed et le Temps des Cerises used ? L'épreuve du maquillage reste cependant la plus difficile: il faut assortir le fard à paupières Yves Rocher aux Converses, le rouge à lèvres Monoprix au sac Longchamps. Trop dure la vie !
Elles vénèrent toutes Galliano, vous comprenez c'est trop la classe Chanel. Chaque jour de leur vie n'est que l'inconsciente répétition du précédent: elles mangent, elles dorment, elles baisent, elles sortent. Se foutent continuellement de la gueule de ceux qu'elles qualifient d'"insignifiants"; entendez les smicards, les arabes, les socialistes, les fonctionnaires, les vieux, les campagnards, les intellos, les teuffeurs, les putes, les Autres...
Clanca se plaît à dire avec une condescendance risible : "I love myself, I love fashion and I fuck everybody! ben ouais quoi j'suis trop in, j'suis trop hype !" Je sais qu'on ne peut que s'incliner devant tant de lyrisme, d'autant plus que contrairement aux apparences they really trust in God, in godemichet of course.
Elles ont plein d'"amies" à qui elles disent " je t'adore ma chérie", ce qui signifie bien évidemment "tu m'es complètement indifférente". Mais je ne veux pas exagérer, elles créent parfois quelques amitiés qui vaudraient la peine d'être écrites, mais les phrases seraient forcèment mal tournées, il manquerait toujours quelques figures de style. Elles savent pourtant très bien se soutenir, non pas dans les moments difficiles, mais quand elles marchent en ville sur les pavés afin de ne pas coincer les talons de leurs dernières Guess. En ce mirage, l'hypocrisie est une vertu et l'indifférence un mépris.
Elles s'imaginent être de véritables clônes des héroïnes de Lolita Pill mais n'en sont que les piètres caricatures.
Papa et Maman gagnent le salaire du Français moyen mais elles se comportent comme si elles venaient de claquer leur paye mensuelle dans une paire d'escarpins Gucci : "Tu connais pas Andy Warhol ?! Non mais trop la honte quoi !"
Elles sortent dans des endroits branchés où tek' et house assourdissent, sucent en fin de soirée, enivrées par l'alcool bien plus que par l'amour.
Arrêtez de regarder avec délectation ces marionnettes naïve manipulées par les ténors de la publicité, leur réalité est le pire des cauchemars. Elle est telle une rose sans parfum, une ville sans lumières, un coeur sans secrets. C'est un concert en play-back, un film mal joué. Elles sont condamnées au paraître, se sont inventé une identité aussi creuse que leurs propos. Vivent dans un paradis factice.
La jeunesse en or plaqué peut briser amours et amitiés mais pas le miroir qu'est le regard des autres, le seul dans lequel elle ne s'est jamais contemplée, elle disparaîtrait immédiatement si elle voyait ce miroir réfléchir, si elle daignait réfléchir. Elle a oublié tout ce qui compte (pas tout ce qui est comptes, rien à voir avec les tickets de caisse); elle croit sans doute plus fort en Hell qu'en elle...
Il y a des choses qui ne s'achètent pas (non je ne fais pas de la pub pour Eurocard-Mastercard) mais peut-être que vos solaires Versace et vos lentilles azur vous empêchent de les voir...


# Posté le vendredi 12 octobre 2007 09:09

Modifié le mercredi 08 octobre 2008 10:59

...Désenchantement du Monde...

...Désenchantement du Monde...
On a censuré Voltaire, les romans juifs connurent les autodafés et pourtant il y a des livres qui ont détruit des vies- la mienne en particulier - et que nul n'a jamais brûlés: les Contes de Fée.
Cette idéologie mensongère a traversé les âges et les continents sans que quiconque ne mesure son impact sur la vie de ses anciens fidèles.


Peut-être que je passerai ma vie entière à rechercher le Prince Charmant de mes romans d'enfant, courant après une perfection qui n'existe que dans mes rêves.
Parce que je sais que je ne verrai jamais celui qui aurait une 106 rouge en guise d'étalon blanc mais qui aurait su m'aimer vraiment.
Alors peut-être que je ne me marierai que pour la robe immaculée de Cendrillon, je serai là mais tellement lointaine.
Ma vie ne sera alors que romances convenues, maison achetée à crédit et sentiments tièdes. Quand quelqu'un me dit qu'il vit une histoire d'amour "sérieuse" j'entends rationnelle.
Moi je pensais que les gens s'aimaient comme la Bête adorait sa Belle, loin des conventions, que la seule chose qui les animait était cette féerie d'émotions vives qu'on appelle communément aimer.
Mais non, les gens ne s'aiment pas, enfin pas comme ça.
Et à défaut d'être aimées, il y a des femmes qui garderont toujours ce désir de plaire, exacerbé. Les princesses du monde moderne sont anorexiques.

Dans Blanche-Neige, les Nains qui vont à la mine ramènent de l'or. En France, les ouvriers qui vont à l'usine ramènent le SMIC.

Avec la bombe H, on a failli faire exploser le monde. Moi je pensais que c'était pour en reconstruire un plus beau, aussi beau que le Pays des Merveilles. Mais non: la destruction était sa propre finalité.
Je ne peux taire la déchéance de la Terre: les Américains font la guerre pour instaurer la paix, exceptés les kamikazes plus personne ne mourrait pour des idées, Bush tient à préserver la vie des foetus bien plus que celle de ses soldats, chacun se noie dans l'infini de ses fantasmagories narcissiques...
Dans la réalité, c'est pas toujours le Bien qui gagne. Dans la réalité, c'est presque une insulte d'être quelqu'un de Bien, mais si flatteur d'être quelqu'un de biens.


Un jour, je partirai. Je ferai ce à quoi j'aspire depuis toujours: j'écrirai. J'écrirai pour métamorphoser le banal, sublimer l'humanité. En fait, ils servent peut-être à ça, les Contes de Fée. Echapper à la médiocrité de l'humanité.

On devrait lire les Contes de Fée aux adultes.
[ Ajouter un commentaire ] [ Aucun commentaire ]

# Posté le dimanche 03 février 2008 17:54

Modifié le dimanche 17 février 2008 12:45

La pluie coule dans les gouttières comme les larmes sur mon visage...

La pluie coule dans les gouttières comme les larmes sur mon visage…


Ce soir, je me sens bien. J'entends l'orage gronder dehors mais en fermant les yeux je peux voir l'univers étinceler.
Je suis pas heureuse, juste défoncée...mais au moins je vole, je plane alors qu'il y plein de gens qui sont morts à l'intérieur. Je rêve d'un paradis aussi drôle que l'enfer.
Je fais très bien semblant d'être stupide, et j'aime quand les autres le croient ça me fait doucement rire. ILS me font rire, avec leurs conversations fades et insipides, mais j'évite d'y prendre part j'ai peur de les instruire.
Je crois que ma vie a atteint son paroxysme de contradictions. Je rêve d'un monde sans entraves mais ai trinqué à la victoire de Sarko, je sais tout des conflits internationaux du XXème siècle mais ignore l'utilité d'une clef USB, j'ai une soif insatiable d'autonomie mais tombe dans toutes les dépendances, j'aime démesurément ma mère mais fais tout pour qu'elle me déteste, je hais viscéralement mon père mais tuerais afin qu'il m'aime, je suis parfois imbuvable avec ceux que j'aime jusqu'aux tréfonds de mes veines mais toujours agréable avec ceux qui m'indiffèrent, je lis Le Monde mais Voici aussi...
Je suis une extrémiste (mais abhorre le FN). Je n'ai aucun juste milieu. Je ne peux m'épanouir hors du passionnel. Ma vie c'est Sciences Po ou Mc Do, je serai pute ou bonne soeur, je passe mes soirées à parler crise pétrolière en jouant la prude coincée ou je finis raide arrachée en dansant comme si personne ne me regardait.
Je sens une larme perler sur ma joue. Je sais que je ne serai jamais heureuse. Le bonheur s'attardera parfois, l'espace d'une illusion, mais je ne saurai pas le retenir.
Mon sourire aura goûté à bien des larmes mais ça, vous ne le savez pas.
Il paraît qu'on aspire tous à être aimés, même et surtout ceux qui jurent le contraire, mais moi je passe mon temps à fuir l'amour j'ignore pourquoi.
Voila, ça sera le mot de la fin: pourquoi ?
[ Ajouter un commentaire ] [ Aucun commentaire ]

# Posté le dimanche 03 février 2008 19:06

Modifié le dimanche 17 février 2008 12:30

Ils boivent à la santé, des putins d'Amsterdam...

Ils boivent à la santé, des putins d'Amsterdam...
Les néons rouges s'allument. Elle les regarde à travers la vitre, droit dans les yeux. Se demande lequel d'entre eux entrera le premier.
Même pas 10 minutes, un touriste français. Une pipe, pas plus cher qu'une cartouche de clopes.
A peine l'avait-elle effleuré qu'il se mit à bander.

Lui la méprisait, la catin, la prostituée. A quoi bon respecter quelqu'un dont il est inutile d'entrer dans le coeur pour pénétrer le corps?
Il la trouvait belle pourtant, tandis que ses jambes l'enveloppaient, tandis que ses courbes l'envoûtaient. Mais la beauté a parfois quelque chose de monstrueux. La pauvre fille n'avait aucun avenir, sans doute se débattait-elle dans des rêves qui ne se réaliseraient jamais. Se prostituer doit être tout ce qu'il nous reste quand on a plus rien à perdre, même pas sa fierté.
A cette façon si assurée qu'elle avait d'empoigner son sexe afin de le mettre au fond de sa bouche, il devinait qu'elle s'adonnait à ce genre de rituel planifié depuis longtemps. Peut-être même qu'elle y prenait du plaisir.
Mais ça, au fond, il s'en foutait. Cette fille n'allait rester qu'un pari qui partirait aux oubliettes de ses souvenirs une fois la porte refermée.
Il s'abandonna, ses mains expertes le faisaient frissonner.


Elle, ça la fait pas jouir de baiser. Ce qu'elle trouve jouissif, c'est le pouvoir qu'elle peut exercer sur tous les hommes, du chômeur au PDG.
Par le sexe, elle peut réduire chacun d'entre eux à ses pulsions les plus animales, à ses instincts les plus primaires. Elle se plaît à les contempler nus et haletants, soumis à l'habileté de chacun de ses gestes, à la volupté de chacune de ses formes.
Elle assouvit à travers eux ses désirs de vengeance, comme si les baiser allait lui rendre
son enfance v(i)olée, comme si c'était la seule chose dans sa vie qu'elle pouvait contrôler.
Parce qu'ils ne savent pas à quel point en plus de lui en foutre plein la bouche ils lui en ont tous mis plein le coeur, ni à quel point son âme s'en mêle quand leurs corps s'emmêlent.


A chacun ses raisons de se perdre...
[ Ajouter un commentaire ] [ Aucun commentaire ]

# Posté le mardi 05 février 2008 19:27

Modifié le dimanche 17 février 2008 12:36

**Le génie, c'est 1% d'inspiration et 99% de transpiration**

**Le génie, c'est 1% d'inspiration et 99% de transpiration**


Je suis éditorialiste. J'écris la Chronique du Figaro, parfois dans les Débats des Echos.
Je me lève toujours à l'aube, réveillée par France Info. Plus le temps de savourer un quelconque confort, juste celui d'avaler un café infect micro ondé et de filer sur le périph'.
Ma radio continuellement branchée sur France Inter, je déguste avec délectation mes first news de la journée: "40.000 enfants à la rue dans la capitale russe..., les Touaregs du Niger s'opposent à Areva qui a pollué leur région..., le CAC 40 termine en baisse de 0.11% à 6023 points..." Je crois que je vais me délester de mes actions Danone, je tablais sur 2000¤ de plu value à la fin de l'été et je dois déjà les frôler. Pas négligeable. Je vais garder l'immobilier, une valeur sûre, tous les traders vous le diront.
Un créneau parfait Boulevard Haussmann et me voilà pénétrant le hall du Siège Social du Figaro sans saluer le portier. Il est 8h.
Une pile de journaux que j'éplucherai jusqu'à midi est déjà posée sur mon bureau: Libé, L'Huma, Le Monde, Le Canard... Je me dois de connaître les concurrents pour mieux les déshabiller de ma plume acerbe. Tentative de décrédibilisation de Marianne sur mon éloge de Kouchner: ce dernier a débité sa Conférence au Darfour en anglais, tandis que la langue communément admise par les institutions onusiennes est la français. Ces chauvins m'épuisent. Ils privilégient toujours la forme au détriment du fond. Je tente l'ébauche d'une réponse avant de me souvenir que j'affronte JF Kahn (auteur de l'article) sur LCI l'après-midi même. Je déchire mon réquisitoire: à moi la spontanéité du direct.
Mon rédac' chef entre sans frapper dans mon office, cette pièce vaste et pompeuse, froide et impersonnelle, comme les relations que j'ai toujours entretenues avec lui:
"Les lecteurs en ont marre de tes articles trop pointus, trop élitistes. Pour demain, ni conflit israélo-palestinien, ni contexte géopolitique de l'Asie du Sud-Est. Fais du grand public. Dans mon bureau, 20h."
En ces locaux, il n'est pas de formule de politesse qui vaille; il ressortit en claquant la porte.
Presse, télé, radio: j'absorbe quotidiennement toute l'actu possible jusqu'à frôler l'overdose, avec pour seule finalité une Chronique d'une vingtaine de lignes que tous les stagiaires payés 30¤ la pige m'envient.
Le journalisme, c'est de l'ordre du passionnel, ça dépasse l'entendement, il n'y en a pas un ici qui fait ça pour le fric.
Aujourd'hui, je déjeune avec Eric Zemmour, officiellement mon plus proche collaborateur, on projette l'écriture d'un bouquin sur l'effondrement du PS, du Congrès d'Epinay à nos jours. Ses accointances et familiarités sont pour moi parfaites abjections mais je convoite sa place et son cynisme depuis des mois, il me faut sonder ses failles pour mieux le détrôner. Attablés autour d'une galantine de volaille-pommes au four dans le resto select le plus proche, nous feignons l'amitié et débattons politique. Puis, lasse de m'épancher en conversations stériles avec un Zemmour condescendant, je prétexte un rendez-vous urgent, m'éclipse sans toucher à la mousseline aux fraises et règle l'addition.
J'ai plus d'une heure devant moi avant LCI, je profite de ces quelques instants d'oisiveté pour rédiger mentalement mon article avant de le matérialiser sur papier. Du grand public, disait-il. Ca s'intitulera "Quand la modération pue l'ennui...". Je fustigerai ces "philanthropes" qui, pour mon bien, m'empêchent de fumer dans les lieux publics, de choisir l'allure de ma conduite, de baiser sans penser VIH, de prendre un bain sans qu'en moi résonnent gaspillage et protection de l'environnement, de faire mes courses sans être filmée, de ne pratiquer aucun sport sans culpabiliser, de consommer de la vodka sans modération... L'altruisme pathologique du gouvernement m'exaspère, une vie dépourvue de vice me semble indigne d'intérêt et j'espère obtenir l'approbation des adeptes de la jouissance sur le sujet, ces nostalgiques de l'époque où il était "interdit d'interdire". Le rédac' chef appréciera.
Je hèle un taxi et m'engouffre, évitant ainsi tout radar éventuel.
Je croise JM Messier (PDG de Vivendi) dans l'ascenseur, I-Pode aux oreilles, écoutant probablement RTL. Il esquisse un sourire poli, je m'arrête au 2ème, lui continue son ascension.
Kahn est déjà là, il me dévisage en guise de salutation, comme à son habitude. L'improvisation est un art dans lequel j'excelle et il le sait, peut-être même qu'il me craint. Direction les toilettes, un peu de poudre au nez pour plus de poudre aux yeux et nous voila face-à-face. Législatives, régression du Dow Jones, Kouchner, nucléaire iranien... tout est sujet à la confrontation. Lors des directs, brûle en moi un feu intérieur qui menace de me consumer, je défends mes idées comme si ma vie en dépendait. Lui aussi. Il aime viscéralement ce qu'il fait, et pour ça je respecte ses convictions.
Je passe aux Echos, rédige un article où je prône une Europe atlantiste et dépose mon diatribe contre la tempérance sur le bureau du rédac' chef du Figaro vers 19h30.
J'enchaîne par une conférence sur les bienfaits de la TVA sociale présentée au staff du journal avant de regagner ma Mégane et, je suppose, un PV.
A la radio, rediff' sur RMC de Zemmour analysant la rupture Royal-Hollande, la fin d'une histoire à l'eau de rose...
Les rues de la capitale sont quasi-désertes à une heure si tardive, j'aime ma vie et j'aime Paris la nuit, je file à vive allure rejoindre Le Monde diplomatique à mon chevet.

Je serai journaliste. Peut-être une vie, peut-être une fois.
Donner de la consistance à ses rêves implique bien souvent nombre de sacrifices. Il faut parfois négliger d'être une personne avant d'être une fonction, il arrive parfois qu'un emploi trop prenant fasse de notre vie un abîme de néant.
Peut-être faut-il rêver de grandes choses pour en réaliser de toutes petites.
Mais si notre vie n'est qu'une cause perdue, nous vivrons libres d'y avoir au moins cru...


# Posté le mardi 12 février 2008 12:28

Modifié le dimanche 17 février 2008 12:44